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La mise en service en continu : dépasser la conformité pour atteindre la performance

Après la mise en service initiale, on croit souvent que le bâtiment est prêt à performer. En réalité, il n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière. Les systèmes fonctionnent, mais leur usage réel, les habitudes des occupants et les conditions d’exploitation n’ont pas encore livré toutes leurs variables. Sans suivi, les cibles énergétiques risquent de rester hors d’atteinte.

C’est précisément là qu’intervient la mise en service en continu : transformer un processus ponctuel en un cycle vivant de surveillance, d’ajustement et d’optimisation.

Qu’est-ce que la mise en service en continu (CxC)?

La mise en service en continu prolonge la mise en service initiale. Elle ne vise pas à répéter systématiquement les tests de performance,mais à s’assurer que le bâtiment atteint — puis maintient — sa vitesse de croisière.

En pratique, la CxC repose sur trois leviers :

  • Observer le fonctionnement des systèmes chaque mois;
  • Analyser les données pour repérer les écarts;
  • Agir rapidement pour corriger et optimiser.

Plutôt qu’une série de tests ponctuels, c’est un cycle vivant d’observation et d’ajustement. Son rôle : garder le bâtiment aligné sur ses cibles énergétiques, tout en l’adaptant à l’évolution de ses usages.

Pourquoi c’est important ?

Imaginons-nous quelques mois après la finalisation d’un bâtiment flambant neuf, d’un nouvel aménagement ou d’une rénovation majeure. Les factures d’énergie commencent à grimper. Les occupants se plaignent d’inconfort: certains espaces sont trop froids, d’autres trop chauds. Pourtant, tout avait été testé et validé lors de la mise en service initiale.

Le problème? À ce stade, il n’y a pratiquement pas d’historique de performance pour comparer. Pas de référence solide pour déterminer si ce qui se passe est normal… ou si le bâtiment dévie déjà de sa trajectoire.

La CxC permet de documenter la performance réelle du bâtiment, d’identifier rapidement les écarts et d’effectuer des ajustements afin de maintenir son efficacité, tout en contribuant à la rentabilité de l’actif et à la réduction des frais d’exploitation (OPEX). Elle permet de repérer rapidement les écarts, d’agir immédiatement et de s’assurer que les cibles énergétiques et de confort fixées soient réellement atteintes.

Ce que la mise en service en continu n’est pas

La mise en service en continu ne consiste pas à répéter systématiquement les protocoles de tests détaillés de la mise en service initiale. Ces essais —équilibrage des systèmes, vérification des séquences de contrôle, validation des performances selon le design — appartiennent à la mise en service initiale(Cx).

Le CxC adopte une approche différente : s’assurer que les systèmes continuent de fonctionner efficacement dans le temps, à travers une surveillance régulière, des audits de performance, dont certains issus de la Cx, et des ajustements permettant d’éviter l’aggravation d’une dérive dès qu’elle est constatée.

En clair, la mise en service en continu ne remet pas en cause la conformité des installations au jour un ; elle s’attache à maintenir la performance réelle du bâtiment et à l’adapter à l’évolution de ses usages.

Comment ça fonctionne en pratique

La mise en service en continu s’appuie sur un processus structuré, mais flexible. Elle repose avant tout sur la surveillance régulière des systèmes et l’analyse des données d’exploitation. Chaque mois, on compare la performance observée avec les cibles prévues. Si des dérives apparaissent —hausse des consommations, séquences de contrôle déviantes, inconfort signalé par les usagers — une investigation est déclenchée.

L’efficacité du CxC tient aussi à son caractère collaboratif. Il ne s’agit pas d’un exercice technique isolé, mais d’un processus intégré qui mobilise toutes les parties prenantes : propriétaires, gestionnaires, équipes d’exploitation, locataires et usagers. Chacun joue un rôle dans l’atteinte et le maintien des performances.

En pratique, cela se traduit par un cycle continu d’observation, d’analyse et d’ajustement, qui permet d’identifier rapidement les écarts et d’agir avant qu’ils ne deviennent coûteux ou difficiles à corriger.

Le processus de CxC peut être appuyé par une surveillance technologique qui aura été mise en place et testée lors de la mise en service initiale, incluant la portion de mise en service fondée sur la surveillance(Monitoring-based Commissioning). La surveillance à l’aide d’outils technologiques permet d’avoir accès plus facilement aux données et à des analyses préprogrammées.

Déploiement : du neuf à l’existant

La mise en service en continu s’adapte aux contextes de bâtiments neufs comme existants, mais la démarche diffère légèrement.

Pour une nouvelle construction, le CxC constitue la prolongation naturelle de la mise en service initiale. Il va au‑delà des exigences minimales de conformité et met en place un suivi régulier dès le début de l’occupation. L’objectif est de s’assurer que le bâtiment atteint et maintient ses cibles énergétiques et opérationnelles, tout en s’adaptant aux usages réels dès le départ.

Pour un bâtiment existant, la démarche commence souvent par une remise en service (RCx) complète. Cette étape permet de corriger les écarts accumulés, de documenter l’état réel du bâtiment et de créer une référence solide. Ensuite, la mise en service en continu prend le relais pour maintenir les gains réalisés, surveiller les dérives et adapter le bâtiment à l’évolution des usages.

Dans les deux cas, l’approche reste la même : un suivi régulier, une analyse constante et des actions ciblées pour garantir que le bâtiment reste performant, confortable et efficace au fil du temps.

La mise en service initiale est essentielle pour lancer un bâtiment sur de bonnes bases. Mais ce n’est que le point de départ. La mise en service en continu transforme cette conformité ponctuelle en performance durable. Elle permet de suivre, d’ajuster et d’optimiser les systèmes au fil du temps, tout en tenant compte des usages réels et de l’évolution des besoins.

Pour les gestionnaires et opérateurs, la mise en service en continu consiste à observer la performance réelle du bâtiment, à repérer rapidement les écarts et à ajuster les systèmes au besoin. C’est un processus pragmatique qui transforme les données en actions concrètes, assurant que le bâtiment reste performant et efficace au fil du temps.

Chez TST, nous accompagnons les propriétaires, gestionnaires et équipes d’exploitation tout au long de ce processus. Que ce soit pour un nouveau projet ou un bâtiment existant, nous mettons en place les suivis, audits et interventions nécessaires pour garantir que votre bâtiment atteigne ses objectifs énergétiques et opérationnels de manière durable. Notre approche combine expertise technique, analyses de données et conseils pratiques pour maximiser la performance et la valeur de vos actifs. Nous sommes également en mesure d’identifier des solutions de surveillance technologique, de participer à leur implantation et d’en faire la vérification afin de bonifier le processus de CxC.

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